L'Abécédaire du football :
A comme arbitre, aussi indispensable au foot que le ballon, essayez de jouer sans ballon (ou sans arbitre), il n'y a plus de jeu possible. Il faut aider et donner tous le moyens à l'arbitre pour assurer sa mission dans les meilleurs conditions et la vidéo (but ou non pour les matchs de L1 et L2) ou l'exclusion temporaire seront les nouveaux outils d'un arbitrage modernisé, adapté à l'exigence et aux enjeux de son époque. Moins les erreurs seront nombreuses en haut, plus la légitimité et l'autorité de l'arbitre sera grande et incontestée sur tous les terrains.
B comme bénévoles, ils sont indispensables, les 350 000 bénévoles sont l'âme et le cœur du foot. Les responsabilités sont écrasantes, il faut donc imaginer un statut protecteur du bénévole, qui fixe droits et devoirs.
C comme collectif, le foot est un sport collectif dans lequel, pendant des décennies, la formation a privilégié le physique au détriment de la technique. La formation dans nos clubs amateurs doit retrouver du sens et des valeurs. Axé sur l'intelligence collective et la prise de responsabilité individuelle, c'est à la Direction technique nationale de réinventer une formule originale de pédagogie qui puise dans la spécificité du jeu français pour former, partout, les éducateurs à une identité et une intelligence de jeu.
D comme démocratie, dans la période troublée qui est la sienne, notre sport doit retrouver une nouvelle vigueur démocratique, c'est pourquoi, osons proposer l'élection du Président de la FFF au suffrage direct des licenciés (majeurs) sur la base d'un projet et d'une équipe. Fort de cette nouvelle légitimité, le Président et son équipe pourront engager le projet pour lequel ils ont été élus. Ce qui ne doit pas les dispenser de rendre des comptes sur les actions menées au moins une fois par an. Le football français a tout à gagner de cette gouvernance modernisée et transparente.
E comme états généraux du foot d'en bas, à l'inverse de la méthode utilisée récemment, il serait utile de réunir toutes les familles du foot, partout en France et le temps nécessaire pour un large débat où chacun trouve sa place et puisse exprimer ses idées et convictions sur l'évolution du football.
F comme formation, c'est l'axe majeur de progrès. Formation des joueurs, des éducateurs, des arbitres, des dirigeants... là où le projet sportif prend sa source, elle doit irriguer en profondeur chacun de nos clubs. Qui connaît l’Institut de Formation du Football, créé le 1er juillet 2009 ? Comment sont organisées les formations, pour qui et sur la base de quel projet ? Proposons que les primes des internationaux aillent systématiquement à un fonds réservé aux clubs amateurs, sur la base d'un véritable projet de formation de l’ensemble des acteurs.
G comme gouvernance, d'une Fédération Française de Football en Faillite sportive et morale. C'est au foot d'en bas de provoquer le sursaut salutaire. La base demande de la considération et des moyens pour continuer à œuvrer dignement en faveur d’un sport encore populaire, mais qui ne fait plus rêver. Si un autre football est possible, c’est aux amateurs d'en définir les contours. Instaurer une nouvelle gouvernance inspirée par les acteurs de terrain, plutôt qu'assister impuissant à l'effondrement du système actuel qui repose sur une gestion bureaucratique et vieillissante des compétitions organisées par les Ligues et les Districts. Récemment, lors de la pénurie de carburants, la concertation fut admirable entre nos instances : le District à annulé la journée de championnat dans le département alors que la Ligue a maintenu les rencontres régionales ! Le foot amateur doit faire preuve de plus d’exigence vis-à-vis de la FFF, qui de son coté doit rendre des comptes dans la transparence.
H comme Humanisme, (doctrine qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement). Le foot est un sport d’hommes qui se féminise lentement, c’est pourquoi il convient d’accélérer le processus pour ouvrir l'accès aux responsabilités dans tous les domaines, aux femmes, ainsi qu’à toutes les forces vives de notre société, dans toute sa diversité.
I comme idées, elles manquent cruellement aux dirigeants d'en haut et pourtant elles sont indispensables pour redonner confiance et remettre le football à l'endroit.
J comme joueur international, l'international possède des devoirs vis-à-vis de la jeunesse, dont il est un modèle. Issu du monde amateur, formé par des éducateurs dévoués et compétents, il serait pertinent que le joueur devenu international (qui voit sa valeur et ses revenus augmenter) renonce à ses primes en faveur du monde amateur.
K comme Knysna, le Waterloo du foot français.
L comme licenciés, 2 millions de licenciés, 5 millions de pratiquants et environs 15 millions de supporteurs, il est urgent d'aider enfin les clubs amateurs qui portent des valeurs essentielles et durables : esprit d'équipe, dépassement de soi, convivialité, respect des règles, fraternité, échange...
M comme management, une nouvelle forme de management est indispensable à tous les étages du football, les récents états généraux présentés comme une révolution, ne vont rien changer aux difficultés du foot d'en bas, analysons les plutôt comme une prise de pouvoir progressive du monde professionnel (minorité de blocage de la FFF).
N comme nul n’est parfait, incroyable, contrairement à ce qui se pratique depuis environ une quarantaine d’années dans de nombreux District, où l’on privilégie la taille et les muscles pour les sélections de jeunes, les 3 joueurs finalistes du Ballon d’Or mesurent moins de 1,70 m !
O comme opacité, celle entretenue sur le budget de la FFF. L’État verse trois millions d’euros de subventions à la FFF d’après la député Michèle Tabarot, présidente de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. En vertu du décret n° 2009-540 en date du 14 mai 2009, la FFF est tenue de publier ses comptes au Journal officiel (comme toute association recevant plus de 153000 euros de subventions ou de dons), or, les comptes de la FFF ne sont toujours pas déposés… Quelque chose à cacher ? On sait que les comptes de l'exercice 2009-2010 de la FFF, validés par le Conseil fédéral font apparaître un déficit de 1,36 million d'euros. Les recettes se sont élevées à 199 millions d'euros, en baisse de 12,7 millions (-6%), et les dépenses à 200,4 millions d'euros. Bernard Desumer, trésorier de la FFF, allant jusqu’à déclarer : « Pour nous, ce n'est pas un problème de présenter un budget en déficit car notre objectif n'est pas financier mais d'assurer le développement du football. Dans le budget global de la Fédération, l'aide au football amateur représente 40 millions d'euros donc on avait largement la possibilité de présenter un budget excédentaire, il aurait suffi de puiser dans l'aide au football amateur, ce que nous n'avons pas voulu faire ». Merci Bernard ! On comprend bien que le football amateur demeure la variable d’ajustement de la FFF. Mais on veut aussi comprendre comment, quand, où, par qui et pour quelles actions est utilisée l’enveloppe destinée au foot amateur !
P comme prime promise à être redistribuée aux clubs amateurs et qui devait correspondre à environ 500 € par club (18 000 au total). Ce qui est important pour des petits clubs qui accueillent de nombreux jeunes. Définition proposée par Jean-Pierre, de CLUNY (71).
P comme poids économique, hors bénévolat, le poids économique du sport dans l'économie française est évalué à près de 2 % du PIB, soit 33 milliards d’euros de dépenses sportives et 16 millions de licenciés au total. Le football pèse à lui seul 4,3 milliards d’euros (hors transferts). Le chiffre d'affaires cumulé des 20 clubs de Ligue est passé de 276 millions d'euros à 1 048 millions d'euros en une quinzaine d'années (essentiellement grâce aux droits TV), alors que les 20 clubs anglais de Premier League pèsent plus du double avec 2 326 millions d'euros de CA (chiffres 2009). Le sujet est d'importance, l'objectif pour les clubs professionnels étant de réduire leur dépendance à la télévision en diversifiant leurs revenus, notamment grâce à la billetterie optimisée de stades rénovés dans l'optique de l'Euro 2016. L'enjeu est crucial pour tous les amateurs-spectateurs qui verront le prix d'accès au stade s'envoler si l'on n'y prend garde. En effet, en Angleterre la recette de billetterie (billets+abonnements) est de 51 € par spectateur, pour 40 € en Espagne, 25 € en Allemagne et 21 € en Italie.
La Ligue 1 coûte aujourd'hui 17 € en moyenne à chaque supporter contre 8 € pour la Ligue 2. Le foot amateur qui garni les tribunes ne semble pas fondamentalement opposé à une augmentation raisonnable du prix du billet, à condition qu'on lui propose 3 éléments indispensables : - un spectacle de qualité sur le terrain, - un confort supplémentaire en tribune, - une sécurité renforcée dans et hors le stade pour continuer de venir voir les matchs en famille. C'est pourquoi, il ne serait pas illégitime que l'argent public qui permettra de rénover les stades garantisse en retour un prix d'accès qui demeure raisonnable pour préserver l'aspect populaire du football.
Q comme quel football pour demain ? Il est surprenant de constater que dans tous les lieux de pouvoir, il n’y a pratiquement pas de débat, alors que dans les lieux de débat, il n’y a pas de pouvoir. Nous croyons qu’un autre football est possible qui allie l’alchimie du dialogue et de la concertation, puis de la décision et du contrôle de la bonne application des initiatives. Qui n’a pas constaté qu’au sein d’une même Ligue, les Districts appliquent des règles différentes ? Que d’une Ligue à l’autre on ne parle plus le même football et qu’au final chacun fait à peu près ce qu’il veut ! Prenons l’exemple des U13 qui jouent sur demi terrain à 8 ou à 9 selon les Ligues, après avoir joué à 7 pendant 2 ans, est-ce la meilleure façon de les préparer à jouer à 11 sur grand terrain l’année suivante ? La FFF gère un budget d’environ 200 millions d’euros, elle ne peut plus faire l’économie d’une refonte de son fonctionnement, de sa cohérence et de ses relations avec les Ligues et les Districts.
R comme régulations, c’est une question centrale qui amène à s’interroger sur les solidarités entre foot professionnel et amateur. Il n’est pas question de les opposer, surtout que les racines sont communes. Il faut inventer de nouvelles régulations qui permettent au foot professionnel de demeurer compétitif et au foot amateur de poursuivre ses missions d’intérêt général pour le plus grand nombre.
S comme synthétique, la FFF doit réfléchir rapidement à un plan pluriannuel d’aide à la construction de terrains synthétiques en parallèle à la rénovation des stades de l'Euro 2016. Cette formule offrirait de nombreux avantages : jouable par tous les temps, sans craindre la répétition des rencontres, ne nécessitant qu’un minimum d’entretien et répondant pleinement aux critères du Développement Durable… C’est l’outil idéal de tous les clubs. Aujourd’hui seules les Agglomérations urbaines et les collectivités riches peuvent l’offrir à leurs clubs.
T comme télévision, omniprésente et omnipotente, la télé représente la manne principale du foot (668 millions par an jusqu'en 2012) et paradoxalement les clubs professionnels affichent un déficit cumulé de 180 millions d'euros au 30 juin 2010. Trop de télé étouffe le foot. En effet, nous arrivons à un point de rupture lié au trop plein de l’offre télévisuelle, les audience stagnent et le produit se dévalorise. De plus les compétitions sont désormais pensées, non plus pour préserver l’intégrité des joueurs et par conséquent la qualité du spectacle offert, mais pour renforcer les programmes de télévision. Les joueurs pros jouent 50 à 60 rencontres en moyenne par an et la qualité des matchs de Coupe du monde ou de Ligue des champions en souffre. A-t-on besoin d’une Coupe de la Ligue surnuméraire ? Le foot d’en bas qui garni les tribunes et gonfle les audiences, lui se lasse et surtout, ne retrouve pas les aides promises et tant espérées.
U comme universel, le football est un langage universel, il permet de s’ouvrir à l’autre, d’échanger, de mieux se comprendre… Notre sport dépasse les frontières et relie les peuples.
V comme volonté, celle de changer vraiment le foot. Entre le foot-fric d’en haut et le foot naphtaline, nombreux sont ceux qui pensent qu’un autre football est possible, c’est avant tout une question de volonté.
W comme warning, les feux de détresse du monde amateur sont allumés, le salut longtemps espéré ne viendra plus d’en haut. Que le foot d’en bas se mobilise, propose et agisse ! De cette dynamique naîtra l’espoir d’un autre football à visage humain.
X comme xénophobie, le foot est le sport le plus populaire et, à l’image de la société, il génère du racisme et de la xénophobie, faisons de nos différences une force. Comme sur un terrain, additionnons nos qualités et soustrayons nos défauts.
Y comme y-a-qu’à, faut qu’on, c’est vraisemblablement le reproche qui sera fait à l’action qui est proposée par notre Association et ce site Internet… sans doute par les mêmes dont l’immobilisme est la spécialité depuis de nombreuses années.
Z comme zéro amende, c’est la proposition de bon sens d’un dirigeant de club lors d’une récente réunion avec le District. En effet, chaque carton jaune ou rouge donne lieu à une amende, payée en général par le club au District, plus rarement par le joueur fautif. Ces sommes cumulées représentent de 3 à 6 % du budget annuel des clubs amateurs. Les supprimer représenterait un ballon d’oxygène appréciable et apprécié.
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